Rencontre avec la conseillère agricole de François Hollande
«Derrière les enjeux, il y a des femmes et des hommes»...
En marge du déplacement du Président de la République, dimanche 26 juin, au mémorial de Dun-les-Places, une rencontre a été organisée à la mairie de Brassy, entre la conseillère agricole de François Hollande et les responsables FDSEA/JA de la Nièvre. L’occasion de remettre quelques dossiers sur la pile...
«L’ambiance était détendue. La conseillère était très souriante mais nous ne savons pas si elle avait bien conscience de la gravité de la situation. Derrière les enjeux agricoles pour le département, il y a des femmes et des hommes» s’épanchait Stéphane Aurousseau, le président de la FDSEA58, à la sortie de la rencontre vers 12h15. Lui ainsi que Clément Blandin, le président des JA 58, Emmanuel Bernard, Didier Ramet, Philippe Rault, Michel Loison, Cédric Bernier et Florent Point, ont pu échanger durant plus d’une heure sur les dossiers agricoles nivernais avec Marie-France-Cazalère, qui est devenue la conseillère agriculture, développement rural et pêche de l’Elysée depuis un peu plus d’un mois. Elle est issue du ministère de l’Agriculture et connaît donc bien la situation des paysans français. Venu dans l’hélicoptère du Président et repartie avec lui vers le stade de Lyon, où allait se dérouler le match de l’Euro des Bleus contre l’Irlande, Mme Cazalère a pris le temps d’écouter les responsables syndicaux agricoles, qui avaient solliciter l’entretien avec la présidence depuis plusieurs semaines. Mme Higinnen, la sous-préfète de Château-Chinon et référente «élevage» du préfet dans le département et le nouveau Directeur départemental des territoires (DDT), M. Bernard Croguennec, participaient à l’entretien.
Revendications conjoncturelles...
Formellement, la FDSEA et les JA avaient préparé le rendez-vous. Un dossier de 9 pages a été remis à la conseillère agricole qui fait une présentation succinte de la ferme Nièvre, formule les propositions du réseau syndical sur l’accompagnement conjoncturel des agriculteurs, puis sur leur accompagnement structurel, et enfin développe le sujet particulier de l’installation dans le département.
Très précis, les responsables agricoles ont demandé à l’Etat «d’agir au plus vite pour activer les versements des sommes manquantes de la Pac», «l’accélération du paiement des indemnités sécheresse», «l’évolution des conditions d’éligibilité à l’aide au blocage des animaux lié à la FCO» dont le traitement demeure par trop «rigide et technocratique» selon les syndicats majoritaires, mais aussi, suite aux intempéries du printemps 2016, «le déclenchement des procédures de calamités agricoles, le maintien du paiement des DPB sur les surfaces impactées, la possibilité d’utiliser les jachères en dérogeant aux règles communautaires sur le verdissement, la mise en place de mesures fiscales de dégrèvement et de remises gracieuses pour les exploitations concernées et le report ou la prise en charge des cotisations sociales».
Quant à la chute des cours et face à «une baisse de la consommation marquée» (-4,6%), FDSEA et JA 58 ont sollicité «un geste de l’Etat pour accompagner les éleveurs dans la prise en charge financière du maintien des animaux en ferme» pour un coût estimé de 2,20 euros par jour et par animal, et «la mise en place de mesures de dégagement de marché permettant de l’assainir dans les meilleurs délais».
… et demandes structurelles
Sur l’aspect structurel, le plus développé par les syndicalistes, 8 propositions ont été faites à la conseillère de l’Elysée. Sur la prochaine réforme des Zones défavorisées simples (ZDS), qui concernent 70% du territoire nivernais, les délégués ont demandé de «mobiliser tous les outils permettant le maintien du zonage et du budget existant» car «si la réforme avait pour conséquence d’exclure les éleveurs de nos régions herbagères et bocagères, elle passerait à coup sûr à côté de ses objectifs initiaux». Sur le volet grandes cultures, demande a été formulée d’un «moratoire immédiat sur le niveau de prélèvement opéré sur les fonds du premier pilier au titre du paiement redistributif», de «dégager des enveloppes complémentaires pour accompagner les productions de grandes cultures de notre zone au travers d’un dispositif de compensation des handicaps spécifiquement dédié aux productions végétales» et de «ne pas engager la France vers des restrictions d’usage de produits phytosanitaires aux conséquences dramatiques en l’absence d’alternatives» (périmètres de protection des tiers, glyphosate, néocotinoïdes). En terme d’élevage, le document insiste sur le point de «renforcer les travaux en cours sur la valorisation de l’origine France en restauration collective, en systématisant les conventions avec les gestionnaires des collectivités, en tendant vers l’objectif 100% origine France en restauration hors foyer (RHF) et en mettant en place, sous la responsabilité des préfets, un tableau de bord mensuel de l’origine des produits, lequel sera communiqué à la profession». FDSEA/JA demandent aussi de «clarifier l’étiquetage des viandes pour redonner confiance au consommateur, en rendant obligatoire l’origine dans les produits transformés et en réformant le système des étoiles en grande distribution». Ils appellent aussi l’Etat à «mobiliser l’ensemble de ses corps sur la recherche de marchés à l’export pour ouvrir de nouveaux contrats commerciaux». Concernant la main d’œuvre, les syndicalistes demandent à l’avenir «de bien vouloir tenir compte de la main d’œuvre salariée dans l’application de la transparence des aides Pac» et, sur le compte pénibilité, «la suppression du facteur pénibilité agents chimiques» (puisque les salariés doivent être titulaires du Certiphyto) et «la prise en compte de l’accord national de septembre 2015 pour la mise en oeuvre de la complémentaire et/ou des versements santé, prévoyant notamment une clause d’ancienneté de 3 mois avant d’affilier son salarié». En fin d’entretien, les JA58 ont particulièrement insisté sur le problème de l’installation, en mettant en balance les 27 passages en CDOA pour demander les aides de l’Etat en 2015 et le fait que près de la moitié des exploitants vont passer la main dans les années qui viennent...
La conseillère a repris l’hélicoptère présidentiel quelques minutes après : avec de quoi nourrir la réflexion du Président pour les mois à venir ?
Revendications conjoncturelles...
Formellement, la FDSEA et les JA avaient préparé le rendez-vous. Un dossier de 9 pages a été remis à la conseillère agricole qui fait une présentation succinte de la ferme Nièvre, formule les propositions du réseau syndical sur l’accompagnement conjoncturel des agriculteurs, puis sur leur accompagnement structurel, et enfin développe le sujet particulier de l’installation dans le département.
Très précis, les responsables agricoles ont demandé à l’Etat «d’agir au plus vite pour activer les versements des sommes manquantes de la Pac», «l’accélération du paiement des indemnités sécheresse», «l’évolution des conditions d’éligibilité à l’aide au blocage des animaux lié à la FCO» dont le traitement demeure par trop «rigide et technocratique» selon les syndicats majoritaires, mais aussi, suite aux intempéries du printemps 2016, «le déclenchement des procédures de calamités agricoles, le maintien du paiement des DPB sur les surfaces impactées, la possibilité d’utiliser les jachères en dérogeant aux règles communautaires sur le verdissement, la mise en place de mesures fiscales de dégrèvement et de remises gracieuses pour les exploitations concernées et le report ou la prise en charge des cotisations sociales».
Quant à la chute des cours et face à «une baisse de la consommation marquée» (-4,6%), FDSEA et JA 58 ont sollicité «un geste de l’Etat pour accompagner les éleveurs dans la prise en charge financière du maintien des animaux en ferme» pour un coût estimé de 2,20 euros par jour et par animal, et «la mise en place de mesures de dégagement de marché permettant de l’assainir dans les meilleurs délais».
… et demandes structurelles
Sur l’aspect structurel, le plus développé par les syndicalistes, 8 propositions ont été faites à la conseillère de l’Elysée. Sur la prochaine réforme des Zones défavorisées simples (ZDS), qui concernent 70% du territoire nivernais, les délégués ont demandé de «mobiliser tous les outils permettant le maintien du zonage et du budget existant» car «si la réforme avait pour conséquence d’exclure les éleveurs de nos régions herbagères et bocagères, elle passerait à coup sûr à côté de ses objectifs initiaux». Sur le volet grandes cultures, demande a été formulée d’un «moratoire immédiat sur le niveau de prélèvement opéré sur les fonds du premier pilier au titre du paiement redistributif», de «dégager des enveloppes complémentaires pour accompagner les productions de grandes cultures de notre zone au travers d’un dispositif de compensation des handicaps spécifiquement dédié aux productions végétales» et de «ne pas engager la France vers des restrictions d’usage de produits phytosanitaires aux conséquences dramatiques en l’absence d’alternatives» (périmètres de protection des tiers, glyphosate, néocotinoïdes). En terme d’élevage, le document insiste sur le point de «renforcer les travaux en cours sur la valorisation de l’origine France en restauration collective, en systématisant les conventions avec les gestionnaires des collectivités, en tendant vers l’objectif 100% origine France en restauration hors foyer (RHF) et en mettant en place, sous la responsabilité des préfets, un tableau de bord mensuel de l’origine des produits, lequel sera communiqué à la profession». FDSEA/JA demandent aussi de «clarifier l’étiquetage des viandes pour redonner confiance au consommateur, en rendant obligatoire l’origine dans les produits transformés et en réformant le système des étoiles en grande distribution». Ils appellent aussi l’Etat à «mobiliser l’ensemble de ses corps sur la recherche de marchés à l’export pour ouvrir de nouveaux contrats commerciaux». Concernant la main d’œuvre, les syndicalistes demandent à l’avenir «de bien vouloir tenir compte de la main d’œuvre salariée dans l’application de la transparence des aides Pac» et, sur le compte pénibilité, «la suppression du facteur pénibilité agents chimiques» (puisque les salariés doivent être titulaires du Certiphyto) et «la prise en compte de l’accord national de septembre 2015 pour la mise en oeuvre de la complémentaire et/ou des versements santé, prévoyant notamment une clause d’ancienneté de 3 mois avant d’affilier son salarié». En fin d’entretien, les JA58 ont particulièrement insisté sur le problème de l’installation, en mettant en balance les 27 passages en CDOA pour demander les aides de l’Etat en 2015 et le fait que près de la moitié des exploitants vont passer la main dans les années qui viennent...
La conseillère a repris l’hélicoptère présidentiel quelques minutes après : avec de quoi nourrir la réflexion du Président pour les mois à venir ?