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Afdi

André Bordet de retour de Madagascar

Comme il le fait régulièrement, André Bordet, ancien éleveur laitier nivernais, est parti en mission pour l’Afdi, du 14 au 28 avril dernier, à Madagascar, auprès de la coopérative Rofama, que l’association de développement accompagne depuis plusieurs années.
Par Emmanuel Coulombeix
André Bordet de retour de Madagascar
André Bordet, au milieu de quelques uns des salariés de Rofama, devant la vitrine des fromages produits sur place.
André Bordet est satisfait de sa mission à Fianarantsoa (Centre de Madagascar), le mois dernier. «Les éleveurs laitiers apportent en moyenne 360 litres de lait par jour à la coopérative, alors que le seuil de rentabilité, il y a trois ans, avait été estimé à 300 litres». Pour autant, il y a plus de problèmes de production de de débouchés, dans cette coopérative où travaillent 15 salariés et dont 150 éleveurs sont adhérents.

Par exemple, le lait manque en saison sèche alors qu’il ne trouve pas assez de débouchés en période humide, lorsque les vaches produisent le plus. Il faut bien comprendre que les producteurs ne sont pas du même niveau à Madagascar que ce que l’on entend généralement par ce terme en Europe. Même s’il y a plusieurs catégories d’apporteurs, selon le Nivernais, beaucoup, ne disposent que d’une ou deux vaches, pas toujours pleines, et dont la conduite technique entraîne des rendements très aléatoires. L’élevage laitier en est encore à un stade artisanal, malgré les efforts de l’Afdi. «Ils entreprennent plein de choses mais ne sont pas toujours capables de les gérer» relève André Bordet, qui était parti avec un autre bénévole, de Haute-Saône, l’ancien directeur de la Chambre d’agriculture Alain Dubois. «Nous y allons pour mettre un peu de rigueur dans la comptabilité» dit le Nivernais. Et de fait, Rofama a bien grandi ces dernières années, puisque non seulement le point de vente de lait tourne désormais très bien, pour un produit considéré comme un luxe là-bas, mais en plus la coopérative s’est-elle diversifiée dans l’élaboration de fromages et de yaourts. Le petit souci est «d’arriver à concilier des produits compétitifs en prix tout en continuant le développement, sachant qu’on garde des producteurs de différents niveaux technique et économique» souligne André Bordet.
L’objectif est d’atteindre les 400 ou 500 litres de lait journaliers et de trouver des débouchés, par exemple dans les villes et les hôtels plus haut de gamme, où le pouvoir d’achat est plus grand. Pour bien comprendre, le prix du litre à Madagascar est comparable à celui de France, 30 centimes d’euros, sachant que le salaire de base malgache est de 1 euro par jour ! «Les leaders administrateurs de la coopérative, voudraient aller plus vite et gagner plus, parfois ils sortent de la structure quand la coopérative est obligée de développer des services divers pour les éleveurs.». Selon l’Afdi, les éleveurs n’ont pas la culture du lendemain... Grâce à l’Afdi, dans la Nièvre, Rofama a obtenu une aide de 7 000 euros sur la campagne 2015-2016. Les trois dernières années, la priorité était la mise en place et le développement du point de vente, désormais c’est l’augmentation du litrage. Au nom des Malgaches, André Bordet remercie les adhérents du GDS de la Nièvre qui, l’an dernier, ont accepté de renouveler une contribution de soutien à l’Afdi, sur la base du volontariat, pour encore trois ans.