Aller à la rencontre des actifs
Le 28 janvier dernier, des étudiants du BPREA de l'EPL des Terres de l'Yonne ont été à la rencontre de Christophe Quenet, céréalier, dans le cadre du défi « Transmission ».
Ce mercredi matin, c'est un bus qui arrive au-devant de l'exploitation agricole de Christophe Quenet à Molinons. Une quinzaine d'étudiants du BPREA de l'EPL des Terres de l'Yonne descendent du bus, accueillis par le sourire chaleureux du céréalier. Accompagnés par Bio BFC, les élèves commencent par se présenter. Parmi eux, nous comptons 7 projets d'élevage (bovins lait, poulet à chair) ; 2 projets en viticulture, 2 projets en grandes cultures, 4 projets en maraîchage et un projet en arboriculture. Devant ces révélations, l'agriculteur semble vouloir en savoir davantage, « combien d'entre vous souhaitent s'installer en collectif ? ». Seules trois personnes s'avancent et le reste exprime le fait « que nos volontés et souhaits ne font peut-être pas l'unanimité, et nous souhaitons rester fidèles à ce que nous imaginons ». Jean-Baptiste et Léo Cadie, animateurs de Bio BFC en profite pour demander « combien sont fils ou filles d'agriculteurs ? », pour voir près d'un tiers d'entre eux s'avancer. Avant de laisser la parole à Christophe Quenet, les deux animateurs posent l'ultime question : « avez-vous déjà une idée précise de la ferme dans laquelle vous allez travailler ? ». Dans cette dynamique, ce sont près de deux tiers d'entre eux qui s'avancent. Situé à Molinons, au cœur du Pays d'Othe, entre la forêt et la vallée de la Vanne, Christophe Quenet informe qu'à l'origine, « nous trouvions sur ces terres des exploitations d'élevage en bovin lait ». C'est à cet endroit précis que l'Agence de l'Eau de Paris « capte l'eau via les nappes phréatiques » et que c'est donc pour cette raison « que nous retrouvons de nombreuses exploitations en bio, car ils nous soutiennent et ne souhaitent pas traiter l'eau ». Pour donner quelques chiffres, il reprend ses documents et ajoute que « près de 30 % des exploitations sur ce secteur sont en bio ».
Un retour sur son parcours
En ce qui le concerne, Christophe Quenet est installé depuis 2019 et possède une exploitation de 230 hectares, dont 80 ha en location. Originaire de Suisse, « ce sont mes parents qui se sont installés à Molinons, je les ai suivis en pratiquant de nombreux métiers totalement en dehors du secteur agricole », se remémore-t-il. Ce moment n'a été que de courte durée, « l'appel des grands espaces me manquait ». Suite à ce ressenti, il revient peu à peu dans le secteur, d'abord en tant qu'ouvrier agricole puis « en reprenant des études dans le secteur agricole ». Touché par les difficultés par lesquelles son père est passé, il confie que « ses parents ont eu des problèmes financiers en lien avec l'exploitation », ce qui a fait qu'il a mis du temps avant de s'installer. Lorsque l'occasion s'est présentée, Christophe Quenet s'est installé d'abord en conventionnel. « Jusqu'au moment où j'avais l'impression de régresser. Il me manquait un challenge. Je voulais trouver une autre façon de faire mon métier, sans utiliser de pulvérisateur ». C'est donc en 2021 qu'il franchit le pas et engage une conversion en bio. Un choix qu'il « ne regrette pas à ce jour ». Cependant, il souhaite nuancer en annonçant que « tout le monde ne doit pas aller dans le bio ». En faisant visiter son exploitation céréalière, il ajoute qu'« il faut toujours avoir de l'espoir et du courage pour continuer à être agriculteur en bio ».