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1ère Fête «le charolais autrement»

A Moulins-Engilbert, la charolaise, cette inconnue...

Hormis les éleveurs qui connaissent leur race sur le bout de leurs bottes, les habitants des territoires ruraux, à Moulins-Engilbert comme ailleurs, ont quelque perdu leur attache avec leur environnement agricole et avec la race charolaise en particulier. Les professionnels du canton de Moulins-Engilbert ont eu l’idée de créer une fête grand public, afin de leur rafraîchir la mémoire...
Par Emmanuel Coulombeix
A Moulins-Engilbert, la charolaise, cette inconnue...
L’idée originale de cette fête, prévue le 19 juin après-midi à Moulins-Engilbert, revient à Philippe Rault et son équipe de l’association des amis de la Maison de l’élevage. Ils postulent «pour que les habitants du territoire deviennent les ambassadeurs d’un patrimoine, la race charolaise, ils doivent bien le connaître pour savoir l’apprécier et le faire apprécier à leur tour». Il y a déjà vingt ans que «dans les magasins, dans toute la France, la viande charolaise était à part dans le rayon boucherie, un produit d’exception pas forcément plus cher mais signalé comme meilleur». La crise de l’élevage a depuis fait son œuvre et tant les marques industrielles que les enseignes de distribution ont peu à peu éloigné la segmentation du produit pour le consommateur de la réalité économique des producteurs. Si bien que les ménagères (et ceux qui font les courses aussi) ont parfois perdu de vue ce qu’est une charolaise, comment la reconnaît-on à coup sûr, car «les taches blanches dans les prés sont toutes différentes, il faut juste savoir les regarder». La force de l’habitude n’aide pas toujours... Pour répondre à ces défis modernes, des diaporamas et des échanges avec les éleveurs voisins permettront donc aux habitants du canton et aux visiteurs de se refaire une idée plus conforme à la fois de ce qu’est la race, mais aussi de ce qu’est le travail des éleveurs. «Les éleveurs charolais ont gardé le droit d’être des décideurs, pas de la valeur marchande, mais de la valeur immatérielle de ce qu’on appelle un cheptel. Pour d’autres races, les éleveurs ont perdu cette capacité qui, de tout temps, a fait leur fierté» justifie l’équipe d’organisation. Les choix multiples de conduite du cheptel et de la reproduction seront-ils ainsi dévoilés à des participants qui, grâce à cette opération de communication, changeront peut-être un peu leur regard sur l’élevage charolais et sur ce qu’ils mettent dans leurs assiettes. C’est du moins l’un des objectifs de cette fête.

Musiques, contes, instruments, repas charolais...
Des dégustations seront proposées pour «donner idée de tout ce qu’on peut faire avec de l’imagination et de la viande charolaise» et les visiteurs pourront aussi réviser l’histoire de l’élevage, à la Maison du même nom, en écoutant Armand Pierre y conter et raconter l’élevage d’autrefois, ou en visitant l’exceptionnelle collection d’instruments vétérinaires réunie par Michel Morice. L’aspect festif et convivial ne sera pas oublié des animations : des jeux et des quiz, plusieurs fois dans l’après-midi, qui seront récompensés par les éleveurs (certaines des récompenses obtenues dans les concours de race seront remises aux gagnants), de la musique d’hier avec Florence Pariot qui reprendra les années 80 en chansons ou de la musique d’avant-hier avec les Gui Yan’t neux. Ou encore un repas du soir à base de charolais cuisiné (moyennant une participation de 12 euros). Tout sera fait pour resserrer les liens entre les habitants et leurs voisins éleveurs, cette proximité d’intérêts qui en fera à leur tour des ambassadeurs... Pour reconquérir les cœurs.

Entrée à la Fête   : 2 euros.
Toutes les animations sont gratuites.