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Tour de plaine du préfet Mathurin

à la découverte de l’agriculture nivernaise

Ce début d’année 2017 a été l’occasion pour le nouveau Préfet de la Nièvre, Joël Mathurin, d’aller au devant des agriculteurs du département, dans le cadre d’une visite de terrain organisée par la FDSEA, le 4 janvier.
Par S.L
à la découverte de l’agriculture nivernaise
Chez Julie Nérot, à Saint-Père, installée depuis 2011 sur 7 hectares de vignes, en coteaux du Giennois
Froid de canard et périple d’une journée au travers du Nivernais, pour le nouveau Préfet de la Nièvre, Joël Mathurin, le 4 janvier dernier. Accueilli par Stéphane Aurousseau, président de la FDSEA, le jour n’était encore pas levé lorsque le Préfet - accompagné de Estelle Rondreux, directrice adjointe de la DDT, et de Johanna Donvez, nouvelle chef du service économie agricole de la DDT - passait la porte du caveau de Julie Nérot, première agricultrice accueillant la délégation, à Saint-Père, sur le canton de Cosne.

Au menu de cette première visite, sur laquelle étaient notoirement présents Emmanuel Charrier, président du BIVC, Marc Thibault, vice-président des coteaux du Giennois, et François Thibault, président du Crédit Agricole Centre Loire, apéritif et entrée «viticole !»  Problématique des maladies du bois, stratégie de valorisation commerciale de la jeune appellation des coteaux du giennois (obtenue en 1998) et difficultés d’accès au soutien à l’investissement du fait d’un positionnement géographique «à cheval» entre région Centre et Bourgogne/Franche-Comté … Autant de sujets abordés avec justesse par les viticulteurs, faisant montre d’une stratégie professionnelle de conquête de marché et de réponse aux problématiques de production de leur secteur.

Puis plat de résistance et dessert sur le thème des grandes cultures, après une année particulièrement éprouvante pour les trésoreries et le moral des céréaliers. Interrogés sur la stratégie d’adaptation aux problèmes récurrents rencontré par le secteur des grandes cultures, les débats se sont orientés vers la stratégie syndicale que la FDSEA entend impulser pour redonner des perspectives aux producteurs et reposant non pas sur «une» mais «des» pistes à expertiser, de la diversification de l’assolement et la nécessaire réadaptation de la Pac aux zones intermédiaires, à la production énergétique voire la réintroduction de productions animales dans les systèmes céréaliers Nivernais. «Il n’y a pas de territoires sans avenir mais par contre il y a des productions à l’avenir incertain dans certains territoires» s’est plu à rappeler Stéphane Aurousseau, président de la FDSEA, insistant sur le fait que toutes les opportunités devaient être étudiées pour permettre à ceux qui le souhaiteraient de les saisir.

Escapade en centre Nivernais puis au pied du Morvan
Seconde étape près d’une heure plus tard sur l’exploitation de Alain Bertin, polyculteur/éleveur sur la commune de Montapas, en centre-Nivernais. A la tête d’un cheptel de 190 mères vaches, le jeune éleveur a fait part des difficultés de l’élevage allaitant, exacerbées en 2016 par l’humidité excessive du printemps puis la sécheresse estivale. Le marché dégradé et le manque de perspectives sur le plan commercial ont également été passés au crible du constat dressé par les producteurs présents aux côtés de leur collègue, tout comme l’anormale «légèreté» avec laquelle les affaires ont été gérées en matière de Pac depuis le ministère de l’Agriculture ces dernières années. Alain Bertin estime d’ailleurs que la dernière réforme de la Pac lui aura coûté 17 000 €, lourdement sanctionné par le plafonnement de l’Aba à 139 vaches, ayant sanctionné de plein fouet l’historique des exploitations d’élevage Nivernaises. C’est d’ailleurs au détour de cette conversion qu’auront été abordés les dossiers de l’évolution du zonage de la zone défavorisée simple, et des zones vulnérables, autre sujet de crispation en zone d’élevage où la conversion des prairies demeurent le moyen - même si pas toujours le plus pertinent sur un plan économique - le moins coûteux de s’adapter aux contraintes réglementaires.

Puis la journée se termina à Maux, au pied du Morvan, chez la famille Duvernoy. à Ursier, exercent dans ce Gaec à trois associés Hubert, le père, et Florian et Florine, ses deux enfants. Outre un atelier bovins maigre «classique» dans le département, la particularité de l’exploitation réside en la présence d’une bergerie et d’une troupe de 1100 brebis, dans laquelle le Gaec a investi à l’occasion de l’installation des enfant. Un peu à contre-courant des constats faits dans le département ces dernières années en matière de production ovine ! Dans un bâtiment construit pour la circonstance, fonctionnel et confortable pour les animaux, les éleveurs ont détaillé avec précision leur mode de fonctionnement et leur choix de production (travail avec les races charolaises et romanes et finition intégrale des agneaux), reconnaissant une certaine «bien-portance» des cours dans la filière depuis quelques années et insistant sur le fait que la conduite de l’élevage, avec des taux de prolificité élevés, était une des clefs de la réussite pour maintenir des équilibres économiques fragiles en phase d’investissement. Un dynamisme d’ailleurs freinée en 2017 par les éleveurs qui prévoyaient de finaliser l’extension de leur bergerie et qui, en raison de l’année 2016, difficile, ont décidé de reporter cette phase de travaux d’un an. Autour d’une vingtaine de collègues du canton, le sujet de la restauration collective et de l’origine de l’approvisionnement en viande des établissements scolaires et Ehpad aura été abordés, tout comme celui de la carence de formation spécialisée en production ovine dans la région.

Bref, l’espace d’une journée, le préfet aura pu gouter à tous les plaisirs d’une Nièvre agricole sonnée mais toujours debout, et au sein de laquelle, d’Ouest en Est, des caves des viticulteurs aux cours de ferme d’élevage, des agriculteurs, jeunes et moins jeunes, travaillent dur et veulent croire en des lendemains meilleurs.
Au travers de cette journée de découverte, ils en auront fait la meilleure des illustrations. Et espèrent d’un préfet à l’écoute tout au long de la journée, que sa connaissance de l’agriculture et de ses filières sera un atout pour appréhender avec justesse les problématiques - nombreuses - auxquelles sont confrontés les agriculteurs Nivernais.